Archives mensuelles : décembre 2014

Conférence 3 / « LA MODERNITÉ BAUDELAIRIENNE »

Jeudi 29 Janvier – 10h/12h – Lycée du Rempart, Salle C20

» Qui dit romantisme dit art moderne « … (La question de la relation entre le romantisme et la première » modernité «)

En partant de Baudelaire et de ses tentatives pour analyser la teneur singulière de la » modernité «, je voudrais m’attacher ici à faire ressortir ce qui différencie, en tout cas en France, les années 1850 –1860 de la période romantique, antérieure à 1848. Le substantif » modernité « est ici emprunté au poète ; c’est assez dire d’abord qu’il ne s’agira pas des temps modernes au sens large, mais d’une façon, qu’on peut juger légitime ou arbitraire, de caractériser tant la littérature et l’art que l’Etat général des esprits après la révolution de 1848.
La question, même réduite au cas français, est embrouillé, dans la mesure où, comme on verra, Baudelaire tout ensemble emblématise la continuité entre le romantisme et l’art moderne et produit, un peu plus tard, les notions de » vie moderne « et de » modernité « qui, en tant que telles, impliquent moins une opposition délibérée qu’un décalage, une mutation irréversible.

Inscription au 04 91 31 04 08 ou au passagedelart@gmail.com

Conférence 2 / « AU-DELÀ DES TEMPS OPPOSÉS »

Conférence 2 – 1h30 à 2h – à 14h Mardi 9 décembre 2014 au Lycée du Rempart

L’INVERSION DU TEMPS AU CINÉMA, EN VIDÉO ET DANS LES ARTS NUMÉRIQUES – « AU-DELÀ DES TEMPS OPPOSÉS »

de Paul-Emmanuel ODIN

« Un film passé à l’envers donne l’impression d’une action étrange, nouvelle, mais successive, et pas du tout l’impression d’une série de renseignements rétrospectifs. »
Anne Souriau, « Succession et simultanéité dans le film », Etienne Souriau, dir., L’Univers filmique, Flammarion, 1953, p. 70.
Il y a un cinéma où le temps est sans endroit et sans envers, où les images sont sans causalité, sans justification. C’est que des plis du temps complexifient ce qui autrement reste figé dans une opposition entre deux temps. C’est par exemple le clip Sugar Water de Michel Gondry, les mouvements de balançoires de Laurent Fiévet qui, en foundfootage, reprend des scènes classiques, jusqu’aux palindromes vidéo, boustrophédons, qui par leur symétrie ou leurs gestes insensés, nous poussent vers l’angle mort du temps, jusqu’au faux-endroit ou l’envers de l’envers, comme celui de Tokyo Reverse, ou des gifs de Zack Dougherty.

http://www.la-compagnie.org/L-INVERSION-TEMPORELLE-DU-CINEMA

Conférence 1 / « CONTRE-TEMPS »

Conférence de Paul-Emmanuel Odin / Résumé de la conférence

L’INVERSION DU TEMPS AU CINÉMA, EN VIDÉO ET DANS LES ARTS NUMÉRIQUES / « CONTRE-TEMPS »

« Avec la première possibilité de voir le monde vivre plus vite ou plus lentement, le cinématographe apporte la première vision d’un univers qui peut se mouvoir à rebours. Étrange spectacle dont l’homme, jusqu’ici, n’avait eu aucune idée, aucun soupçon, sinon comme d’une fantasmagorie à peine imaginable. Mystérieuse, folle chimère, monstre qu’on jurait inviable, mais que l’écran présente comme une autre réalité sensible. Révélation révolutionnaire, dont il semble que peu de spectateurs aient encore bien reconnu l’importance. On croit volontiers qu’elle ne mérite que le rire qu’elle suscite d’abord. D’ailleurs, ce rire sonne d’une façon particulière : il ne signifie pas la joie du coeur mais le déroutement de l’esprit. Ce rire traduit une réaction de défense — provoquée par l’étonnement, par une secrète inquiétude — contre la portée subversive d’images qui opposent une si flagrante contradiction à la routine, tant de fois millénaire, de notre figure de l’univers. Un état mental possède aussi sa force d’inertie. Celle-ci commande le rire qui dissipe l’alarme, détourne de la recherche, évite le changement d’opinion, suggère que l’anti-univers, apparu à l’écran, n’est que le vain produit d’un artifice, dénué de toute signification réelle.»
Jean Epstein, Écrits sur le cinéma. T. 1, Seghers, Paris, 1974, p. 372.
Quelle drôle de figure ! Dont nous avons tous expérimenté déjà, à un moment ou autre, l’éclat surprenant !
L’inversion temporelle étourdit le spectateur de cinéma depuis l’invention du cinématographe : les frères Lumière montraient déjà dès les premières projections un mur démoli qui se redresse, ou des plongeurs qui sortent de l’eau et reviennent sur leur plongeoir.
Cette grande figure traverse à la fois les plus grands classiques de l’histoire du cinéma (Chaplin, Cocteau, Dreyer, Coppola, Bergman, Wells, Lynch, Hannecke…), et une myriade incroyable de curiosités insolites et rares qui relèvent du cinéma expérimental, de l’art vidéo, de l’art contemporain, de l’installation, de l’univers numérique… sans compter la musique, la littérature et la philosophie…
Derrière ce trucage élémentaire du défilement inversé, il y a un enjeu philosophique surprenant qui est révélateur non seulement du cinéma dans son entier mais d’une façon de redéfinir le temps lui-même.
À travers deux conférences, Paul-Emmanuel Odin proposera, en partant de son dernier livre (L’inversion temporelle du cinéma, 2014, Al Dante) deux parcours illustrés par des projections d’extraits de films, de vidéos, ou d’animations numériques.

Les inversions pelliculaires constituent un contre-temps spectaculaire qui est inséparable de renversements philosophiques, esthétiques, moraux, politiques. Comment cette puissance d’opposition se manifeste-t-elle sinon par des défis lancés à la gravité (les Vues Lumières, Bill Viola), la volonté de renverser la mort (Orphée de Cocteau, Superman de Richard Donner, L’étrange histoire de Benjamin Button, de Fincher), ou de pervertir le Bien (Vampyr de Dreyer et Christine de Carpenter), et d’abolir le capitalisme et son temps bourgeois (Ciné-oeil de Vertov)?

http://www.la-compagnie.org/L-INVERSION-TEMPORELLE-DU-CINEMA

Carton D DAVVETAS

Exposition / Photo-graphies

Démosthènes DAVVETAS
GALERIE PASSAGE DE L’ART
du 11/12/2014 au 16/01/2015

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Poète, écrivain, peintre et performeur, Démosthènes Davvetas fait dialoguer diverses formes créatives, à l’image de la pensée du poète antique Simonide : «La poésie est une peinture qui parle et la peinture est une poésie silencieuse».
Démosthènes Davvetas travail en trois dimensions, qui chacune, porte sa fonction propre, pierre angulaire de ses oeuvres pluri-formes.
Au commencement, il y a le poème qui porte le propos de Démosthènes Davvetas et qui fait écho à ce que le sujet photographié représente pour lui et lui inspire. Ensuite la photographie de l’artiste, du sujet ou du paysage, représente le réel. Enfin, la peinture révèle la part artistique de Démosthènes Davvetas. Elle apporte sa part d’abstraction à l’oeuvre, sa part silencieuse et intrigante.
Démosthènes Davvetas présente une série d’oeuvres photographiques ainsi peintes, «poétisées», retouchées, à qui il donne une nouvelle dimension, une matière et une profondeur qui traduisent l’étendue de son champ artistique.

Source : Maison Européenne de la Photographie (MEP), 2014.

L’art de M. Démosthènes Davvetas est l’étude à propos de l’humain, une paternité qui examine la nature des personnes et du monde qui les entourent.
Les peintures qui composent son art sont un hommage au cheminement de l’humanité et une expression poétique qui se transcende dans un aspect pictural.
Formes, symboles, couleurs et citations poétiques coexistent et se rencontrent dans des formes de narration complexes. Elles semblent regarder et étudier l’humain et son essence multidimensionnelle.
Chaque peinture est une histoire et ensemble elles deviennent une abondance d’explosion de mots et d’images, de couleurs et de mouvement.
L’artiste semble entendre les crises de notre temps et peint les traces du passé, le dynamisme du présent et les diktats du futur.

Margarita Kataga, Historienne d’Art.