Archives mensuelles : novembre 2014

Alain PONTARELLI - carton recto

Exposition / Certaines chattes rebelles aiment les soleils tristes

Alain PONTARELLI
GALERIE PASSAGE DE L’ART
Du 6/11/2014 au 5/12/2014

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Mon travail de sculpteur est rudimentaire par ses mises en œuvre, mais les objets produits possèdent une valeur ajoutée. La sculpture me permet de modeler de l’intérieur la forme endogène. Elle devient contenance : quoi contient quoi ? Une sculpture à claire-voie faite de fils d‘acier colorés ou pas. Cette matière ténue est ordonnée comme un squelette, s’impose alors la forme produite par le vide. Au début, il s’agissait d’étudier une mécanique en la démontant.
Ensuite je construisais des armatures et confectionnais des écrins, ainsi que des prothèses et des cages dans lesquelles je prenais place, pour y actionner des manivelles. Je devenais alors un élément mécanique, tout à la fois absurde et aliénant. Je montre avec une certaine jubilation toutes les étapes de mon travail, formé par le trait en fer de mon dessin en trois dimensions. Les Objets maquettes, les Objets à mobilité réduite, les Archicages, les Tondi, les personnages, les installations développent un travail à double visage.
Dans le genre tragicomique, situé entre le jouet et l’instrument de torture, la performance et la sculpture, l’image et le dessin. C’est à partir de ce moment que j’ai fonctionné malgré tout par série. Cela me permet de tirer le fil d’une idée jusqu’à l’aboutissement de la forme. Je travaille sur plusieurs séries : sculptures, objets, dessins, collages, images en les déclinant. J’aime interroger plusieurs formes et voir où cela me mène. Certaines pistes méritent d’être suivies plus longuement. Dans une série chacune des pièces produit son univers propre autour d’une histoire qu’elles partagent. Elles se construisent comme une suite qui se déplace dans le temps. Une série comme les objets à mobilité réduite, les objets maquettes issus d’un improbable cabinet de curiosité se nourrissent d’objets existants dans le réel. Certaines pièces antérieures constituent son énergie et avancent en parallèle.
Le fait de travailler dans la durée me permet d’affiner mes réalisations. J’ai besoin de réaliser mes pièces moi-même sans avoir recours au ready-made et selon une économie de moyen. Le « do it yourself » est pour moi la capacité de travailler à ma mesure, avec des contingences matérielles, financières, physiques tout en les remettants en cause pour repousser mes propres limites. Mes objets ne sont pas une appropriation du tout prêt, mais une copie dévoyée du réel. Certains objets sont produis dans un format réduit. L’échelle est celle d’un volume qui pourrait prendre place sur un bureau. Je m’approprie la forme d’une image pour en détourner sa représentation. Je retire, rajoute certains éléments structurants. Avec cette petite fabrique, il s’agit de produire une pléthore d’objets comme l’on fait de multiples croquis, avant de trouver le bon rapport.
Une certaine idée du faussement comique, d’une pensée érotique détourné et du doux amer, inverti dans le champ de la sculpture et du dessin sont les éléments récurrent de mon travail. Mes productions plastiques composent des récits qui prennent en compte l’espace dans lequel existent de multiples points de rencontres d’un univers imaginaire nourri par le réel et soi.