Archives pour la catégorie Expositions

1 carton hiromi beata coupé

Exposition SETA/SANPO

Hiromi Shimizu et Beàta Czudor

Vernissage le Mardi 27 septembre à 18h

Lycée Brochier , 9 boulevard Mireille Lauze 13010 Marseille

Exposition du 27 septembre au 14 octobre 2016

photo recto cartonV12néon1

Séta et sanpo signifient promenade en hongrois et en japonais.
Deux jeunes peintres hongroise et japonaise, nous développons notre pratique plastique individuellement, mais la balade est un point de départ commun dans notre travail. Se promener et contempler ce qui nous entoure sont nos sources d’inspiration essentielles. Cette exposition est le résultat de nos déambulations en milieu urbain et dans la nature. Les tableaux traduisent nos perceptions picturales, à la fois différentes et complémentaires, influencées par la marche.

Le grand perdu, Restes, technique mixte sur toile, 170 x 200 cm, 2016webLe grand perdu, Restes, technique mixte sur toile, 170 x 200 cm, 2016

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Exposition / ACÉDIE

Nicolas PILARD

Vernissage jeudi 31 mars à 18h

Dans le cadre de l’ARL 2016

Galerie Passage de l’Art / Lycée du Rempart, 1 rue du Rempart, 13 007 Marseille
Exposition du 31/03/16 > 31/05/16

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Premier, deuxième…. Cinquième silence
Polyptyque – Huile sur toiles – 2016

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Premier/deuxième/troisième puits
Placo, rail, fer à béton, médium, bois – 2016

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Acédie

À Santa Cristina, au centre de la Sardaigne, on peut visiter un puits sacré nuragique. C’est un temple hypogé. On y entre par un escalier trapézoïdal pour atteindre le fond d’une cheminée cylindrique. Aux pieds, l’eau d’une source est baignée par la lumière zénithale qui pénètre par une ouverture circulaire. On s’y trouve aux bords d’un axe qui semble relier le Tellurique au Céleste. On y imagine facilement les ordalies qui y avaient lieu, certains soirs précis lorsque la pleine lune coïncidait avec l’oculus et noyait le puits d’une lumière argentée. Santa Cristina est un site rare, une construction parfaitement attentive à son genius loci. D’une grande discrétion, en surface on n’en discerne que ses deux ouvertures et une ligne de démarcation, il est constitué de géométries simples, qui s’effacent sobrement derrière les éléments mis en scène. C’est un canal de prières, un axe hiérophanique qui reçoit à la fois des profondeurs et de l’empyrée. Ce type de lieu est une antinomie de l’acédie. Il semble que s’y déjoue l’opacité du sensible. On y entre dans un cosmos signifiant, et on a beau être dans un espace clos, on y sent des circulations.

C’est imprégné de ce souvenir que j’ai produit les peintures et les volumes de cette exposition.

La prière requiert un silence, un vide intérieur, une possibilité de vacuité. C’est un des principes de la méditation, réussir à faire taire la cacophonie intime, suspendre les flux d’affects, le cours de la pensée. Le vide est la pierre de taille de cette exposition. Les polyptiques se sont constitués à partir d’un manque central, et ont épargné une réserve qui traverse de part en part leur composition cahotante. Les sculptures, manière de colonnes, ménagent un creux où s’abîme la lumière. Un volume qui se définit par son vide, peut-être comme un architecte doit envisager son travail, d’abord espace vide qui possède éventuellement une enveloppe externe, ou pas, comme la structure hypogée de Santa Cristina.

 

RECTO_Murmure [500 L_H]

Exposition / MURMURE

Sophie MENUET

Vernissage mardi 23 février à 18h

Galerie Passage de l’Art / Lycée du Rempart, 1 rue du Rempart, 13 007 Marseille
Exposition du 23/02/16 > 11/03/16

Site de Sophie MENUET >>>

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Assemblance
, 2014
Soie blanche, ouate, fil, métal
170 x 100 x 150 cm

 

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Semblance
, 2014
Série de tirages digigraphiques
Papier epson, nano céramique, 1/3.
70 x 50 cm

 

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CARTON Pascal RENARD_RectoFinal [500 L_H]

Exposition / SEMBLANCE

Pascal RENARD

Vernissage mardi 12 janvier à 18h

Galerie Passage de l’Art / Lycée du Rempart, 1 rue du Rempart, 13 007 Marseille
Exposition du 12/01/16 > 29/01/16

Blog journalier de Pascal Renard >>>

PascalRENARD(Alice)

#Alice, 2014 Acrylique et huile sur toile 200 x 180 cm

PascalRENARD(Céline)

#Céline, 2014 Huile sur toile 200 x 140 cm

Mon travail  est avant tout protéiforme.
Ma pratique articule peinture, dessin et vidéo au sein de réalisations souvent de grand format.

Toutes mes recherches tentent de renouveler le genre de la vanité. Une vanité contemporaine sans crâne, ni fleur, ni objet. Une vanité qui utilise et abuse tous les travers de la civilisation 2.0.

J’exploite, je pille volontiers le maelström d’images pixelisées du big data.

Privées, publiques, signifiantes ou insignifiantes, je suis un dévoreur d’images. Comment incarner ces images, leur donner corps ?

La peinture est un instrument de présence. La peinture à l’huile en particulier avec son process lent et méthodique. Au temps du zapping perpétuel j’oppose le temps du peintre.
La vidéo est complémentaire de la peinture. Elle consiste souvent en un jeu de transparence et surtout de ralentis ou d’accélérés qui modifient notre rapport au temps. L’eau qui coule d’une rivière, le vent qui souffle dans les arbres, les extraits de films d’horreur de série Z, l’autoroute, une éolienne, tout est susceptible d’être utilisé.
La vidéo attire irrémédiablement le regard, la peinture doit lutter.

Toutes mes tentatives interrogent l’instantanéité, l’immédiateté, la durée, le temps, l’être et le paraître, la profusion…

Les images volées sont souvent confrontées aux images posées.
Matériellement mes travaux sont des polyptyques, des diptyques  le plus souvent.

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Leumenier+Vachal_Final [500 L_H]

Exposition / PALIMPSESTE

Rose LEMEUNIER et Wendy VACHAL

Vernissage mardi 01 Décembre à 18h

Galerie Passage de l’Art / Lycée du Rempart, 1 rue du Rempart, Marseille
Exposition / 01/12/15 > 18/12/15

Page de Rose Lemeunier >>>

Page de Wendy Vachal >>>

 

travelling n °4 [500 L_H]

 

 

 

 

 

 

 

Rose LEMEUNIER
Série Travelling, 2014
Crayons de couleur sur photographie numérisée.
50 x 65 cm (chacune)

 

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Wendy VACHAL
Diapason, 2013
Moulage, épreuve en plâtre.

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CartonRecto_R.Hébréard

Exposition / ABSENCE N°2

Raoul HEBREARD

Vernissage mardi 10 Novembre à 17h

Précédé à 15h d’une intervention de Renée DRAY BENSOUSSAN, Docteur en histoire contemporaine et Présidente d’ARES.

« Historiographie de la Shoah ou comment on a écrit cette histoire »

Galerie Passage de l’Art / Lycée du Rempart, 1 rue du Rempart, Marseille
Exposition / 10/11/15 > 27/11/15

Page de Raoul HEBREARD >>>

Céramiques [500 L_H]

Céramiques , installation. Série de 13 pièces, 2015

LesJuges [500 L_H]

Les juges, toile, pigment, liant, résine, 50x70cm. Série de 10 peintures sous verre, 2015

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Les camps, technique mixte sur toile, 40×30 cm. Série de 20 pièces, 2015

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carton passagedelart-Recto

Exposition / « arrrrrrrrrrête »

François BÉNARD

Vernissage mardi 29 Septembre à 18h
Galerie Passage de l’Art / Lycée du Rempart, 1 rue du Rempart, Marseille
Exposition / 29/09/15 > 16/10/15

francoisbenard.com –>

 

pédépédépédé, vidéo, 2015-allégé Fbénard-allégé

François Bénard trouve par ses sculptures et installations des réponses à ses motivations artistiques et au sens de l’art.

Partant du principe qu’une oeuvre acquiert son statut par le fait qu’elle est exposée, il s’est intéressé à la relation entre le socle et l’oeuvre. Il utilise des objets du quotidien manufacturés qu’il choisit en fonction de leur couleur, leur densité et de leur coût (en rapport direct avec la société de consommation) et les associe au béton (ou autres supports construits) symbole du poids d’une oeuvre ou de la stabilité des sculptures classiques. Il mène ainsi un travail sculptural qui lui permet d’expérimenter les matériaux, leur résistance et leurs réactions. Ses interventions physiques prennent diverses formes : torsion, entrelacement, enserrement, plissage, construction, empilement…

Les objets sont souvent conservés dans leur intégralité mais leur sens nous apparaît détourné. La contradiction entre l’objet basculé dans un univers artistique et sa fonction première s’affiche dans un cadre teinté d’humour et d’intentions fortes.
Car derrière toutes ces oeuvres visuellement sympathiques se cache souvent un message qui fait écho aux dérives de nos contemporains…

L’art c’est la vie et c’est aussi un formidable espace d’expression dans lequel cet artiste aime à nous emmener afin de nous questionner et nous amuser à la fois.
Le Maire de Saint – Quentin

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EXPOSITION COLLECTIVE / ARL 2015

Exposition Collective : « Géographie du Paysage »
16/06/15 > 23/06/15 à la galerie Passage de l’Art.
dans le cadre de la manifestation « l’art renouvelle le lycée » 2015.
Cette exposition vient clôturer le travail des artistes dans les établissements scolaires de la ville de Marseille et la Ciotat.

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Exposition / Paysage de l’Art

Susanne STRASSMANN
09/04/205 > 29/05/2015
Dans le cadre de l’ARL 2015
Participation au PAC : 14, 15, 16 et 17 mai 2015

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Le paysage comme phénomène illusoire : « le paysage n’existe pas en dehors de la perception de l’individu à un point de vue précis. »

Qu’est-ce qu’un paysage, un point de vue, un point de fuite, un horizon? Comment se place l’individu dans le paysage urbain? Quelles sont les interactions entre les habitants d’une ville et l’espace urbain? Comment le changement de la lumière influence notre ressenti / perception?

Ateliers avec les élèves

Le chemin entre le lieu de vie (la chambre, l’appartement) et le lieu d’apprentissage (l’école). Il sera documenté, photographié, filmé, dessiné. Ce travail se fera individuellement par chaque élève qui documentera son chemin d’école, les endroits qu’il apprécie, qu’il évite, les lieux de mémoire (rencontres, agressions, endroits perçus comme beaux où laids). Ensuite il y aura l’élaboration d’une carte sur laquelle tous ces chemins seront tracés et illustrés.

La cour d’école comme un micro-paysage (fermée sur elle-même). La cour vide ou pleine de monde, son changement au cours des saisons, ses différents points de vue, ses micro-évènements (animaux, plantes). Tout cela sera documenté et rassemblé, éventuellement sous forme d’album.

JDGO carton recto allégé

Exposition / Julie DAWID et Gilles OLEKSIUK

Arts Visuels/Sculpture
Vernissage jeudi 12 mars à 18h
Exposition du 12/03 au 03/04

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Entretien Lyse Madar : Julie DAWID et Gilles OLEKSIUK

Je vous ai proposé une exposition en commun avec le sentiment d’une certaine similitude non pas dans le propos formel ou plastique de votre travail respectif mais dans ce qui à mon sens le sous-tend je pense à la notion de fragilité, qu’en est-il ?

J.D : Toutes choses naissent d‘une lutte et d’un arrangement contradictoires. Toutes choses humaines se construisent sur des paradoxes structurants, chaos fondateur et complexité originelle, métaphore de création naturelle. Apparition et disparition sont concomitantes, fusionnelles et conditionnes l’une l’autre. Le monde se développe petit à petit en se déconstruisant morceau par morceau. Les organismes vivants grossissent par la division de leurs cellules. Chaque élément d’un tout lutte dans un fouillis qui tente de l’intégrer ou l’engloutir. C’est de cette manière que je manifeste cette idée dans mes travaux récents. Je combine construction/déconstruction de l’ordre de la figure, et fractalisation du processus d’assemblage.

G.O. : Cette impression de fragilité dans mes sculptures est en réalité un leurre, car j’aime jouer avec les artifices de la finesse et de la transparence dans mes sculptures. L’élégance classique de l’impression de stabilité précaire jouant avec le point de rupture ajoute au sentiment de vulnérabilité des ensembles. J’évoquerais plutôt la notion de « sensibilité ». D’une part, par l’utilisation de matériaux déconsidérés auxquels je redonne une vigueur, et d’autre part, par un certain attrait de l’éveil aux sens qui est amené par la manipulation de matières issues de nos quotidiens. Par leurs abondances de formes et de couleurs, ils me permettent de proposer des formes inspirées par la nature. Cette proximité avec les choses communes, traitées de manière poétisée, me permet d’ouvrir chez le regardeur le placard d’une empathie quasi ménagère.

Avez-vous senti une certaine difficulté à mettre vos travaux en regard ? Avez-vous travaillé séparément sans tenir compte l’un de l’autre ?

J.D : Non, c’était plutôt une joie d’expérimenter un dialogue avec le travail de Gilles, nous avons rapidement imaginé une relation entre sculpture et mural, tout en laissant libre cours à nos recherches.

G.O. : Il nous a vite semblé évident que nos œuvres dialogueraient sans aucun problème. Comme nous travaillons tous les deux sur des formes naturelles et organiques, il ne restait plus qu’à trouver l’équilibre. Julie voulait réaliser des rideaux colorés de grands formats à proximité des murs, j’avais choisi, pour ma part, de créer deux nouvelles sculptures informes dans des tons neutres afin d’équilibrer le dialogue et de dynamiser le contenu de la mise en espace.

Dans quelle filiation situez-vous vos travaux et comment individuellement vous définissez vous peintre, sculpteur, plasticien ?

J.D : Continuer à repousser les frontières d’une œuvre en mélangeant et mixant les médiums est une direction que je poursuis. Les cadres et les définitions m’ont toujours fait fuir. Je m’intéresse à la botanique et aux Arts décoratifs tels que la tapisserie, le textile, la porcelaine et les ornements. J’aime aussi le trash et la maladresse. Je me situe entre dessin et peinture, entre noble et décoratif, majeur et mineur, pur et impur, figuratif et abstrait, méthodique et expérimental, entre tableau et vision capitale, entre masculin et féminin.

G.O. : J’ai eu la chance de faire mes études à Luminy où j’ai pu me permettre le luxe de ne jamais avoir à répondre à cette question. La liberté des ateliers de recherche et création m’ont permis de développer un travail plastique hétéroclite loin des dogmes magistraux. Mon discours serait sûrement différent si Richard Monnier n’était pas parti de l’ESBAM l’année de mon arrivée pour rejoindre l’école d’Annecy. Même quand je varie le médium, mon travail reste ancré dans des problématiques de sculpteur. Pour parler d’influences, ma pratique m’amène à jouer avec les codes variés de la junk-sculpture qui se mêlent à la quatrième dimension du suprématisme, l’art génératif dialogue avec le documentaire animalier, la culture de masse et le brutalisme architectural. L’École de Nancy est travestie par les attraits d’articles de bazar de zone industrielle et les révérences aux minimalismes nécessitent l’assemblage de milliers de sacs plastiques.

Déterminez-vous à l’avance ce que sera l’œuvre ou le hasard et la spontanéité œuvrent ils dans vos travaux ?

J.D : Je rêve parfois de savoir avant de commencer, mais chaque travail est le résultat d’un dénouement.

G.O. : Jamais pour les sculptures de petit format, ni pour les dessins. En ce qui concerne les deux sculptures présentes ici, j’avais déjà une vision globale des œuvres. Le travail sur les tubes de carton était déjà commencé sur une base structurée. En reprenant le travail pour l’exposition, j’ai laissé partir les lignes de tubes jusqu’à leurs points de ruptures, permettant une sédimentation feuilletée et des zones planes. Le massif formé par les particules de calage est un puzzle aléatoire, réalisé en sphères informes. D’autres pièces ont besoin d’un squelette, comme la boule réalisée avec des rétroviseurs accidentés ou le lustre en blisters dorés.

L’usage de matériaux simples et fragiles est-il un choix induit par l’œuvre en projet ?

J.D : Une palette d’outils opératoires et de gestes appliqués se déploient et se confondent dans la cuisine d’atelier : je taille, coupe et récolte mes semis et rhizomes, tantôt j’opère des greffes ou des boutures artificielles ou des compositions florales, florilèges et arrangements. Il faut polliniser et métisser. La maille papier devient parure. Je rapièce des masques et des figures dansantes ; arabesques et entrelacs, jardin de mémoire et d’oubli.

G.O. : C’est plus la sensualité tactile du matériau qui me fait choisir de commencer une pièce : la répétition du geste de couture sur des particules de calage en polystyrène ou éplucher a l’économe une branche de cinq mètres pour y planter une sommité de plumes de pigeons… J’ai sous le coude des propositions d’installations qui requièrent des dispositifs très onéreux. Certaines combinent, par exemple, des objets en cristal et des systèmes techniques précis, mais cet investissement m’est impossible pour l’instant.

Il y a indéniablement dans vos travaux une sorte de désir d’embellir le réel, d’inoculer ou de rajouter au monde un nouveau souffle poétique. Dans un monde saturé d’images, votre propos est-il de développer une nouvelle approche du voir, une nouvelle sensibilité du regard ?

J.D : Je pense que le regard de chacun se fait et se défait en permanence et se nourrit de l’expérience du réel. Il y a juste chez moi un fort désir de partage des traces d’une vision au monde.

G.O. : Mon travail sur la familiarité des objets usuels, agencés de manière simple, induit une sensation de dérangement ludique. Mes formes sont inspirées par la nature, elles regorgent de formes simples qui lui sont empruntée. En cela, mes œuvres interrogent le réel, en imitant par exemple des récifs coralliens, des architectures de ruches, des conques ou des massifs de plantes avec des objets -Kleenex®- de la culture de masse. Mes dernières pièces se sont développées sur des de longues périodes, et, sans parler de nouvelle approche de voir, je dirais plutôt que je souhaite que le visiteur développe un goût pour cette lenteur, qu’il se réapproprie un temps de contemplation qui tend à s’amoindrir.

Venons-en aux choix des matériaux, comment ce choix s’impose-t-il chez vous Gilles ?

G.O. : Je travaille avec des objets issus de la culture matérielle de masse depuis mes études, et, à l’époque, l’abondance des gobelets et des sacs plastiques me permettait de fabriquer des formes et environnements sans me ruiner. La collecte s’organisait alors sur mes trajets quotidiens, elle venait étoffer mes recherches plastiques de modelage et de dessin. C’est devenu plus rare aujourd’hui de trouver des matières premières dans les conteneurs de recyclage, mais j’ai fait opérer une mutation dans mon processus de création par un approvisionnement de la matière interne à l’atelier.

Pourquoi le papier reste-il un matériau privilégié pour vous Julie. Le découpage reste-t-il à côté du dessin et de la peinture un lien à l’enfance ou une recherche de la forme alliée à un arsenal de couleur ?

J.D : Hans Christian Andersen a réalisé de nombreux découpages en papier notamment des silhouettes qui restent méconnus. Matisse tranche dans la couleur. Le support papier incarne une sorte de motif flottant en restructuration permanente, accordé et indomptable. L’œuvre compose ses créatures par recouvrements et collages, par strates et trames, par découpes et coutures, entre intuition et hiérarchie, s’étire, se défragmente, s’émiette, se contracte, multiplie les échelles d’organisation, se disperse, fait le vide, culbute, bifurque, trame, entremêle le continu et le discontinu… Le matériau appelle le motif et se détruit, le motif appelle le matériau et se reconstruit, les pièces prennent leur envol et l’ensemble tient son équilibre. Je ne pense pas forcément continuer à utiliser le papier comme matériau. Je voudrais utiliser une palette plus large de matériaux, en ce moment je regarde les guirlandes, la marqueterie, l’impression textile, les mobiles. Je pense que l’on peut créer de l’image avec des matériaux tout autres que la peinture. Je voudrais me tourner plus vers l’objet, questionner le décor et la fonctionnalité.

Comment définiriez-vous la Beauté ? A-t-elle un lien avec l’originalité ou l’étrange comme souvent on peut le constater ?

J.D : Il n’y a pas de beauté, juste des émotions qui nous transpercent comme des montagnes.

G.O. : C’est peut-être ce qui persiste comme sentiment d’étonnement après avoir compris le mécanisme des choses. L’originalité et l’étrange convoquent trop souvent des artifices hyper stimulants. Je rejoins Julie sur ce sentiment de transpercions, et découvre à l’instant que le terme, utilisé en géologie, définit le moment d’éjection de blocs sur une structure en fleur.