Archives pour la catégorie Expositions 2013

fannyMesnard

Exposition / Imago

Fanny MESNARD.
10/12 > 16/01/2014

IMAGO

Le mot imago, racine latine d’image, est également utilisé pour désigner la phase finale des métamorphoses des papillons. Il incarne mon obsession prolifique de fabriquer des images en partant de photographies à travers la production d’une peinture plurielle et éclectique qui se développe exclusivement sur papier pour cette exposition, sur de petits et très grands formats.

C’est sous ce dénominatif que je compose un bestiaire original : je recherche sur le Web des contextes antinomiques dans lesquels des animaux qui me fascinent sont photographiés. À ce jour, quatre « couples » ont été formés : fauves endormis, paons rivaux au combat, papillons épinglés en collections et araignées sauteuses.

Ces peintures réinterprètent des situations photographiées qui tentent de susciter la curiosité du regardeur. Les tigres, incarnant d’ordinaire une grande férocité, s’abandonnent à la décontraction totale du sommeil. Les paons se livrent à la violente conquête de territoires au risque d’y briser quelques « yeux ». Les volubiles papillons, symboles de liberté par excellence, se retrouvent épinglés et classés en collections en vue d’être scrutés à la loupe. Enfin, les taciturnes araignées paradent en exhibant leurs abdomens iridescents en vue de se démarquer aux yeux des femelles. En allant à contre-cliché dans les thèmes animaliers que j’ai choisi de figurer, je mets en place un dispositif de représentation particulier pour chacun d’entre eux.

Mon exploration figurative fait des va-et-vient entre une grande expressivité gestuelle et une virtuosité photo-réaliste plus sobre ; mes façons de faire visent à former un rébus pictural qui prend toute son ampleur lors des accrochages.

Cette exposition fait partie d’un corpus plus large de tableaux et d’œuvres sur papier que je réalise actuellement au Québec, tout en continuant à rechercher de nouvelles figures animales photographiées en contextes antithétiques qui viendront ajouter à l’impact mystérieux de l’ensemble de mon bestiaire. Cet ensemble sera déployé en quatre temps durant l’année à venir au Canada, et je suis fière de commencer à le scénographier dans un accrochage en France – une première depuis mon établissement au Québec – qui plus est au Passage de l’Art où j’ai fait mes premiers pas en solo il y a 7 ans déjà.

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Exposition / Passage

Mahé BOISSEL
05/11 > 05/12/2013

Ses lointains d’humanité

Les traits sont terribles, ils brûlent. Ils sont du dehors et du dedans. Hors d’âge, des petites filles étranges bouleversent l’inquiétante étendue. Entre transe, possession et sorcellerie, des femmes acérées déchirent des paysages affolés. Les territoires de Mahé Boissel sont insondables. Ils sont dangereusement peuplés. Un air de fièvre et de maléfice rôde dans ces contrées sauvages. L’éternelle inguérissable enfance a effondré tous nos repères, et l’énigme croît. Ainsi vivent ces grands dessins envahis. Art d’insidieuse contagion.

Ici, l’espace n’absorbe pas les personnages, il les sépare. Il est espace d’absence… Du noir d’abîme au rouge des profondeurs corporelles, la séparation emplit la toile, et seules quelques traces humaines habitent ces lieux d’altérité. Le noir et le rouge, en présences tendues, sont espaces fendus qui se pénètrent, s’affrontent et basculent.

Le monde clos pour vivre se déchire, la terre vacille, les diagonales tranchent l’espace, et l’espace saigne… Ainsi, à jamais séparées, ne connaissant jamais la paix étale, fussent-elles proches jusqu’à l’intime, les couleurs s’affrontent. Née de ces grands dessins, la toile vibre, et tout s’ébranle autour d’énigmatiques présences. Des êtres pressés, venus d’ailleurs, aux inquiétantes allures animales, vivent dans ces lieux basculés, vivent par saccades, et bousculent toutes les inerties du monde.

Les espaces magiques de Mahé Boissel sont habités. On y voit des êtres en attente, ou plutôt des esquisses d’êtres, à demi-existantes, et comme envahies par une menaçante certitude. Elles guettent à demi tout imprudent égaré, tout impudent voyageur mâle. Elles ne cessent de s’aventurer. Elles sont toujours en traversée. Leur regard filtré, oblique, leur séduction vénéneuse, féline et nocturne, leur puissance virtuelle, souple et massive, leur liberté virulente, tous ces éléments transgressifs envoûtent l’œuvre et brûlent les éléments épars d’un charme âpre, subtilement pervers, comme un mortel parfum d’amour dévastant le labyrinthe.

Les créatures hallucinées de Mahé Boissel font taches dans l’univers. Nées des ténèbres, elles ensemencent le vide. Elles font la gueule aux bienséances. Ces prêtresses de tous les ailleurs étreignent à vif l’opacité. Elles hantent nos bas-fonds et nagent à nu dans les non-dits. Chaque face est un miroir aveugle, et leur sexe d’ombre un abîme implacable.

Les traits de Mahé Boissel sont des traces blessées, des passerelles graphiques vers les lointains de l’humanité, et des scalpels blessants qui défigurent la normalité. Elle fait voie d’art et de fragilité violente aux profondeurs bloquées. Dans cette création de traits telluriques et d’éruptions secrètes, l’altérité parle et fait remède aux affres de l’existence. Art aigu de haute santé, et de dure beauté. Et de terrible proximité.

Christian Noorbergen

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Exposition / Rencontre et Dépassement

Michel Ange DIÉ KOUASSI
17/09 > 18/10/2013

Sculpteur à la croisée des chemins, je suis façonné par les rencontres et les découvertes qui jalonnent ma vie de plasticien. Je me qualifie de ce fait de «grand enfant ». Je suis constamment attiré par les objets ou plus précisément par certains d’entre eux.

Alors je les récupère, les collecte, les demande aussi , surtout les jouets pour enfants, et j’espère qu’ils me créeront pour les réaliser. Quand je suis hanté par des formes introuvables ou inaccessibles, je les façonne moi-même. Cela me permet de faire corps avec l’essence de la réalisation. L’existence de l’être chose qui demeure chose à être.

Ainsi, rencontre et dépassement sont les thèmes qui m’orientent. Des sculptures et des installations s’imposent et s’animent autour de ma personne. Profondément attiré par les objets, vous rencontrerez des œuvres composites visant une hybridation forte. Le signifiant s’impose à nous.

En ce qui concerne le signifié, c’est le résultat d’un choix, d’un constat. Un voyage dans le monde de l’Art «Contemporain ». Trouver son pied ou si vous voulez prendre son pied dans ce monde contraire au notre, reste une affaire personnelle. Le regard entre le vu et le non-vu son identique.

Merleau Ponty affirme : «voir, c’est voir sans voir ». Ces objets sont là et pourtant les voir reste difficile. leur mise en espace s’adapte au lieu et questionne l’angle de notre existence. Que cherchons-nous finalement ? Où allons-nous en papillonnant de partout ? Peut-on voir avec les pieds ? Autant de questions entre le visible et l’invisible.

Michel Ange Dié kouassi

FengGe

Exposition / Feng Ge

Feng GE
13/03 > 28/03/2013

 

Les coutumes alimentaires en orient et en occident divergent. En Chine on mange avec des baguettes en France avec fourchette et couteau ; quoi qu’il en soit, cela a le même intérêt : manger.

L’histoire de l’art est universelle. Elle l’est en tout cas pour moi, qui n’en reconnais même plus la chronologie. Elle s’étale devant moi et je puise à volonté. Il en va de même en ce qui concerne ma vie, donc mon travail. J’envisage alors le tableau comme un trait d’union, une synthèse picturale en quelque sorte, entre orient et occident.

C’est cette proximité avec l’objet banal, rencontré tous les jours et les choses qui nous entourent, que l’on ne connait jamais vraiment, mais que je parviens à atteindre par la peinture .

Feng GE