Archives pour la catégorie Expositions 2014

Carton D DAVVETAS

Exposition / Photo-graphies

Démosthènes DAVVETAS
GALERIE PASSAGE DE L’ART
du 11/12/2014 au 16/01/2015

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Poète, écrivain, peintre et performeur, Démosthènes Davvetas fait dialoguer diverses formes créatives, à l’image de la pensée du poète antique Simonide : «La poésie est une peinture qui parle et la peinture est une poésie silencieuse».
Démosthènes Davvetas travail en trois dimensions, qui chacune, porte sa fonction propre, pierre angulaire de ses oeuvres pluri-formes.
Au commencement, il y a le poème qui porte le propos de Démosthènes Davvetas et qui fait écho à ce que le sujet photographié représente pour lui et lui inspire. Ensuite la photographie de l’artiste, du sujet ou du paysage, représente le réel. Enfin, la peinture révèle la part artistique de Démosthènes Davvetas. Elle apporte sa part d’abstraction à l’oeuvre, sa part silencieuse et intrigante.
Démosthènes Davvetas présente une série d’oeuvres photographiques ainsi peintes, «poétisées», retouchées, à qui il donne une nouvelle dimension, une matière et une profondeur qui traduisent l’étendue de son champ artistique.

Source : Maison Européenne de la Photographie (MEP), 2014.

L’art de M. Démosthènes Davvetas est l’étude à propos de l’humain, une paternité qui examine la nature des personnes et du monde qui les entourent.
Les peintures qui composent son art sont un hommage au cheminement de l’humanité et une expression poétique qui se transcende dans un aspect pictural.
Formes, symboles, couleurs et citations poétiques coexistent et se rencontrent dans des formes de narration complexes. Elles semblent regarder et étudier l’humain et son essence multidimensionnelle.
Chaque peinture est une histoire et ensemble elles deviennent une abondance d’explosion de mots et d’images, de couleurs et de mouvement.
L’artiste semble entendre les crises de notre temps et peint les traces du passé, le dynamisme du présent et les diktats du futur.

Margarita Kataga, Historienne d’Art.

Alain PONTARELLI - carton recto

Exposition / Certaines chattes rebelles aiment les soleils tristes

Alain PONTARELLI
GALERIE PASSAGE DE L’ART
Du 6/11/2014 au 5/12/2014

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Mon travail de sculpteur est rudimentaire par ses mises en œuvre, mais les objets produits possèdent une valeur ajoutée. La sculpture me permet de modeler de l’intérieur la forme endogène. Elle devient contenance : quoi contient quoi ? Une sculpture à claire-voie faite de fils d‘acier colorés ou pas. Cette matière ténue est ordonnée comme un squelette, s’impose alors la forme produite par le vide. Au début, il s’agissait d’étudier une mécanique en la démontant.
Ensuite je construisais des armatures et confectionnais des écrins, ainsi que des prothèses et des cages dans lesquelles je prenais place, pour y actionner des manivelles. Je devenais alors un élément mécanique, tout à la fois absurde et aliénant. Je montre avec une certaine jubilation toutes les étapes de mon travail, formé par le trait en fer de mon dessin en trois dimensions. Les Objets maquettes, les Objets à mobilité réduite, les Archicages, les Tondi, les personnages, les installations développent un travail à double visage.
Dans le genre tragicomique, situé entre le jouet et l’instrument de torture, la performance et la sculpture, l’image et le dessin. C’est à partir de ce moment que j’ai fonctionné malgré tout par série. Cela me permet de tirer le fil d’une idée jusqu’à l’aboutissement de la forme. Je travaille sur plusieurs séries : sculptures, objets, dessins, collages, images en les déclinant. J’aime interroger plusieurs formes et voir où cela me mène. Certaines pistes méritent d’être suivies plus longuement. Dans une série chacune des pièces produit son univers propre autour d’une histoire qu’elles partagent. Elles se construisent comme une suite qui se déplace dans le temps. Une série comme les objets à mobilité réduite, les objets maquettes issus d’un improbable cabinet de curiosité se nourrissent d’objets existants dans le réel. Certaines pièces antérieures constituent son énergie et avancent en parallèle.
Le fait de travailler dans la durée me permet d’affiner mes réalisations. J’ai besoin de réaliser mes pièces moi-même sans avoir recours au ready-made et selon une économie de moyen. Le « do it yourself » est pour moi la capacité de travailler à ma mesure, avec des contingences matérielles, financières, physiques tout en les remettants en cause pour repousser mes propres limites. Mes objets ne sont pas une appropriation du tout prêt, mais une copie dévoyée du réel. Certains objets sont produis dans un format réduit. L’échelle est celle d’un volume qui pourrait prendre place sur un bureau. Je m’approprie la forme d’une image pour en détourner sa représentation. Je retire, rajoute certains éléments structurants. Avec cette petite fabrique, il s’agit de produire une pléthore d’objets comme l’on fait de multiples croquis, avant de trouver le bon rapport.
Une certaine idée du faussement comique, d’une pensée érotique détourné et du doux amer, inverti dans le champ de la sculpture et du dessin sont les éléments récurrent de mon travail. Mes productions plastiques composent des récits qui prennent en compte l’espace dans lequel existent de multiples points de rencontres d’un univers imaginaire nourri par le réel et soi.

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Exposition / IMPOSTURE . 2

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Nicolas DESPLATS
GALERIE PASSAGE DE L’ART
23/09 > 10/10/2014

Peinture / Installation – Entrée libre

La reproduction comme autre réalité d’une oeuvre. Nicolas Desplats pose la question de la perte d’informations qui se trouve dans une reproduction car elle opère une distanciation avec l’original. Toute reproduction dans un livre, quel que soit le meilleur niveau de photogravure et d’impression ne peut donner à voir que ses propres limites : une réduction du format de l’oeuvre, uneindéfinition dans les détails, la perte de la lumière que donne en réalité la peinture issue de pigments qui ne peuvent être reproduits par les encres d’imprimerie, la texture du support, etc… La reproduction d’une oeuvre, et plus particulièrement dans un livre, est une « imposture », un mensonge de l’oeuvre, un simulacre, un pâle ersatz qui se bat avec la réalité qui l’a fait naître, une supercherie, une mystification, une escroquerie si on la place dans une comparaison inconfortable.
Cependant, c’est souvent par la reproduction que nous accédons à l’oeuvre d’Art, car elle est un viatique, pouvant susciter le désir d’aller voir ailleurs ce qui nous est caché dans l’image imprimée, et ce qui nous est peut-être promis d’espérer : le face à face avec l’oeuvre originale. Nicolas Desplats inverse ici le schéma : il fait de la reproduction un agrandissement de l’original. Le procédé a pour but d’agrandir ce qui, dans l’original, se fait ténu parce qu’il a été réalisé dans un format relativement petit. La reproduction va alors dévoiler ce qu’habituellement elle cache : les détails de l’oeuvre. Ce hors échelle (230 cm x 340 cm), nous mets déjà « dans » le tableau, et non devant, car ses dimensions englobent le corps du spectateur. Alors, pris par cette surface inhabituelle d’une reproduction, nous voyageons sur la trace du geste imprimé, sur les coulures du pinceau, les révélations de giclures éparses, les transparences indicibles, les gouttes de peintures accidentelles, une certaine énergie de l’écriture gestuelle… Nous sommes devant une « autre oeuvre ».
La mise en espace dans la galerie du Passage de l’Art présente de façon claire cette différence entre l’original et sa reproduction agrandie en les plaçant diamétralement opposés. D’un côté à l’autre il y a une dialectique qui s’instaure entre l’original et sa « copie ». Ce dialogue institué dans deux espaces opposés, qui prend en compte les parties formelles et sémantiques des images antagonistes, ne se résout pas dans la complémentarité des oppositions. Ce ne sera pas ce qui manque dans l’une des images et qui officie dans l’autre qui pourra circonscrire le discours. Les deux acteurs ne finiront pas de converser, laissant le champ libre à nos spéculations interprétatives. L’imposture de la reproduction que souligne Desplats, en tant qu’elle n’est pas l’oeuvre mais qui se voudrait l’équivalent, pourrait trouver son prolongement, ou plus exactement son antériorité dans l’histoire même de la peinture.
Peindre serait peut-être la première imposture, puisque, vouloir représenter le réel, le copier, serait, dans l’intention du peintre de le « reproduire », de l’imiter de la façon la plus proche de la réalité. Or l’art n’est jamais la reproduction pure et simple de la réalité. Comme la reproduction n’est jamais la pure et simple réalité de l’oeuvre d’art. Mais reproduire, c’est re-produire, on le sait. C’est à dire produire à nouveau, produire du nouveau. Une reproduction a donc sa propre autonomie, sa propre réalité, sa propre originalité. La grande reproduction que l’artiste nous propose comme questionnement est peut-être autant « l’oeuvre » que l’original dont elle est issue… Elle peut se valoir d’un équivalent artistique. Cela renvoie aux ready made qui ont usurpé, avec le génie de Duchamp, le statut d’oeuvre d’art au début du XXème siècle. Cette reproduction agrandie de Desplats pourrait être dupliquée plusieurs fois sans que son impact physique et sémantique soit altéré. On le voit, la distinction entre reproduction et original, perd de la distance pour se confondre dans un maelström de la création originelle et originale. La copie ne « vaut » pas l’original, elle Est un Original. La plupart des sculptures grecques qui sont arrivées jusqu’à nous sont des copies d’artistes romains, et ne diffèrent pas de l’original. Plus proche de nous, les multiples de Warhol confirment que la reproduction et l’original ne font qu’un. Les reproductions que sont les affiches détournées par les Villeglé, Dufrêne, ou les images de magazines qui participent des oeuvres de Rauschenberg (les combines painting), sont des ingrédients majeurs de l’oeuvre, comme chez Picasso, Braque, Schwitters etc…
Mais la reproduction dont nous parlons n’est pas incluses dans un espace où se marient d’autres présences plastiques : peinture, collage, graphisme, etc. Elle se veut ici une autonomie, elle se détache de l’oeuvre initiale pour mieux en déclarer sa différence, son unicité. La reproduction s’affranchit, se libère donc en imposant sa distinctivité. Et c’est dans la singularité que l’originalité d’une oeuvre s’exprime. On notera dans la grande reproduction sur bâche quelques différences, comme certains gris colorés qui ont viré de tons chauds en tons froids, mais l’impact visuel qu’elle procure met en évidence la perte et la découverte qui se trouve dans ce changement d’échelle. Nicolas Desplats souligne qu’il faut prononcer le point « . 2 » de la terminaison du titre de l’exposition. « Imposture, point de », s’entend alors comme une réversibilité : « point d’imposture ».
S’il n’y a donc pas d’imposture, cette reproduction, en perdant son statut de duplication serait bien de l’ordre de l’oeuvre originale. Ce va-et-vient entre affirmation et négation peut s’analyser aussi dans la série des peintures qui accompagnent l’exposition. Les montagnes que l’artiste peint se veulent une référence de la montagne, avec ses caractéristiques reconnaissables par tous, connotant par là, le thème du paysage en peinture. Mais, lorsque la montagne s’est exprimée sous le pinceau de l’artiste, et a pris sa place dans la toile, Desplats l’éclabousse de giclures, de traces nerveuses blanches ou colorées avec le désir de la faire disparaître sous une écriture abstraite, afin d’en entamer son absence. Ce geste pictural a pour effet de redonner à voir pleinement La Peinture, et de la remettre en Sujet : la « reproductionimitation » de la montagne s’efface au profit de ce qui l’a faite apparaître en premier, la trace du pinceau. La grande reproduction va accentuer la présence du balayage de la peinture, mettant l’écriture gestuelle au premier plan du propos, en s’appropriant cette révélation grâce à la technologie de sa fabrication. La reproduction qui nous est montrée pourrait alors agir comme un arrêt sur image, un arrêt sur la figuration, instaurer un entre deux, une suspension entre figure et abstraction comme un éloge fait à l’effacement.
Bernard Muntaner
Septembre 2014
franklestard

Exposition / Présence Animale

Frank LESTARD.
01/04 > 15/06/2014.
Exposition dans le carde de la Manifestation « L’Art Renouvelle le Lycée, le Collège, la Ville et l’Université » 2014.

Résister à la disparition

Franck Lestard (1) expose au Passage de l’Art de grandes feuilles de papier blanc épinglées au mur sur lesquelles des figures animales imposent leur autorité. Cette présence qui nous fait face est d’autant plus forte que les animaux représentés sont hors d’échelle, qu’ils sont dessinés le plus grand possible dans l’espace immaculé de la feuille, et qu’ils se parent exclusivement d’une variation de valeurs de gris allant des noirs profonds aux légers lavis transparents, évitant toute contamination visuelle avec les signifiés de la couleur.
On notera la grande maitrise technique de l’encre de chine que l’artiste utilise sans la faire précéder d’un contour, ce qui permet à la forme de ne pas être enfermée dans ce qui la résumerait, en lui offrant des passages dans le blanc de la feuille. Les coulures d’encre, que laisse échapper le trop plein du pinceau à jus, viennent matérialiser le plan de la surface comme pour insister sur sa partition plastique dans l’oeuvre. Il n’y a pas de narration. C’est le format, le blanc de la feuille, le noir et ses variations subtiles qui révèlent « l’animal sujet ». La représentation unicitaire de l’animal oppose un face à face avec soi. Le corbeau, la hyène, le chien montrant ses crocs, ne sont pas des bêtes aimables dans l’inconscient collectif. Même si le chien est souvent présenté comme l’ami de l’homme, un animal de compagnie fidèle, il est aussi un chien de garde, voire de combat et peut devenir dangereux sans raison. Dans la mythologie égyptienne il est celui qui accompagne les morts. Et de Mort il est question aussi : un crâne d’oiseau et de gorille accompagnent l’exposition comme autant de vanités. Seraient-ce
alors des natures mortes ?

« Je peins des natures mortes en devenir » dit l’artiste, « elles contiennent en elles cette fin qu’on devine proche » (2). Les corbeaux, plusieurs fois représentés, peuvent alors connoter ceux que Van Gogh a peints dans son tableau « Champ de blé aux corbeaux » au sinistre présage. L’idée de la mort est présente dans chacune des réalisations. Mais plus qu’une simple citation en écho, c’est le délitement de la forme et, par là, la disparition en train de se faire de l’image — elle qui croit depuis des millénaires faire perdurer éternellement ce qui est voué à disparaître —, qui devient le sujet. Les coulures alors rejoignent cette idée de soustraction, de possible disparition d’un objet qui se liquéfie mettant en miroir notre propre instabilité de Vivants. Franck Lestard a quitté la peinture et ses empâtements matiéristes qu’il pratiquait précédemment, pour s’acheminer vers plus d’immatérialité que lui offrent le lavis et l’aquarelle, une approche vers le silence, la lumière, une étendue létale programmée. La mort comme questionnement et son corolaire, la disparition… Et l’Art comme viatique qui veut résister vainement à cette disparition.

Bernard Muntaner
Mai 2014

(1) Exposition dans le cadre de la manifestation annuelle « l’Art Renouvelle le Lycée, le Collège, la Ville
et l’Université » avec comme thème fédérateur « Présence Animale ». Cette manifestation s’inscrit dans
le parcours du « Printemps de l’Art Contemporain ». Passage de l’Art, 1 rue du Rampart 13007 Marseille.
Tél : 04 91 31 04 08
(2). Entretien avec Jean-Pierre Mourey, in « Sixième sens » 2012.
© photographies Emmanuelle Germain.

damierlouchepelissier

Exposition / Damien Louche-Pelissier

Sculpture-installation.
17/02 > 26/03/2014.

C’est le deuil d’un proche, le deuil d’un lointain, d’un lieu, d’un moment, d’un instant, d’un amour, c’est aussi le deuil de l’enfance. Je ramasse toute sorte de matériaux, sur mon chemin, que je fais revivre, je me sens ainsi plus paisible et plus léger, à l’instar de cette installation commencée en 2009 où des petits anges – soldats virevoltent tout au dessus de nos têtes.

Voilà ma façon de regarder et de faire prendre conscience de tous ces petits bouts de nature et autres rebuts qui ne demandent qu’à revivre. Sortis de leur contexte, ils deviennent encore plus précieux comme des bijoux, des trésors.

Ce qui me touche ce sont des traces qui témoignent de la fragilité et de l’éphémère du monde dans lequel nous vivons. Un morceau de bois, une feuille de Ginkgo Biloba ou d’érable, un bouchon en plastique, un clou, deux vis, un long fil de fer, une plume, un pétale de magnolia, toutes sortes d’objets trouvés sur le chemin, de ci de là, à droite, à gauche.

Prendre la route, des chemins, voyager, errer, glaner, puis retrouver l’atelier pour assembler, coller et redonner une vie, une âme à tous ces rebuts.

Damier Louche-Pelissier

L’Art du Glaneur

« C’est à une fête infinie que nous invitent les plus humbles choses, les fruits comme les pierres, les herbes comme les astres […]. La beauté est là au dehors, à l’envers des châtaignes, sur les chemins, à l’angle d’une fenêtre, sur le fruit sombre des racines, sur la poussière des routes et dans le vert des rivières, partout la beauté, c’est à dire la vie. »

Christian Bobin, Le huitième jour de la semaine

izabelaKowalczyk

Exposition / Peintures et Reliefs

Izabela KOWALCZYK.
22/01 > 13/02/2014.

 

Fragments

Le travail d’Izabela Kowalczyk s’affirme depuis un certain temps comme une invitation à l’espace. Une invitation double, à l’espace physique et à l’espace imaginaire, comme dans les peintures où des moyens bidimensionnels suggèrent d’autres dimensions absentes.

Face à la série qui l’occupe actuellement, les Reliefs, le regard est libre de privilégier l’une ou l’autre de ces directions.

Soit des systèmes plastiques constitués d’une ou plusieurs pièces planes articulées entre elles et fixées à quelques centimètres du mur. Ces pièces aux contours échancrés pourraient se donner comme des fragments ou les pièces d’un puzzle inachevé et dès lors apparaître comme incomplètes.

Fragments ou puzzles ? Le fragment, même si il provient d’un tout plus vaste est une forme en soi, le fragment peut se suffire à lui-même. Le puzzle renvoie à une forme organisée, serait-elle perdue, voire inexistante en dehors de la pièce se donnant pour du puzzle.

Oscillation, donc, du regard quant à la nature de l’espace proposé. Ou bien ces systèmes plastiques s’insèrent dans un système plus vaste, manquant – ou pourrait-on imaginer invisible, situé dans un univers possible – ou bien rien ne manque et ce qui au départ semblait détaché d’un ensemble s’insère en réalité pleinement dans l’espace d’accrochage. Espace d’accrochage modifié par sa présence. Espace qui en quelque sorte ne se doutait pas auparavant que cette pièce lui manquait pour devenir complet.

C’est ce que donne à voir l’évolution de ce travail du tableau vers la sculpture. En se libérant du cadre ( tout en se l’incorporant d’une certaine façon ) les formes font de l’espace environnant un des matériaux à part entière des pièces, le faisant exister comme autre chose qu’une simple surface où viendraient s’aligner des œuvres closes.

Étrange puzzle alors que ce puzzle qui s’invente au fur et à mesure de son assemblage, au gré d’intuitions formelles, pour se composer avec le monde.

Florian Fernanadez, 2013

fannyMesnard

Exposition / Imago

Fanny MESNARD.
10/12 > 16/01/2014

IMAGO

Le mot imago, racine latine d’image, est également utilisé pour désigner la phase finale des métamorphoses des papillons. Il incarne mon obsession prolifique de fabriquer des images en partant de photographies à travers la production d’une peinture plurielle et éclectique qui se développe exclusivement sur papier pour cette exposition, sur de petits et très grands formats.

C’est sous ce dénominatif que je compose un bestiaire original : je recherche sur le Web des contextes antinomiques dans lesquels des animaux qui me fascinent sont photographiés. À ce jour, quatre « couples » ont été formés : fauves endormis, paons rivaux au combat, papillons épinglés en collections et araignées sauteuses.

Ces peintures réinterprètent des situations photographiées qui tentent de susciter la curiosité du regardeur. Les tigres, incarnant d’ordinaire une grande férocité, s’abandonnent à la décontraction totale du sommeil. Les paons se livrent à la violente conquête de territoires au risque d’y briser quelques « yeux ». Les volubiles papillons, symboles de liberté par excellence, se retrouvent épinglés et classés en collections en vue d’être scrutés à la loupe. Enfin, les taciturnes araignées paradent en exhibant leurs abdomens iridescents en vue de se démarquer aux yeux des femelles. En allant à contre-cliché dans les thèmes animaliers que j’ai choisi de figurer, je mets en place un dispositif de représentation particulier pour chacun d’entre eux.

Mon exploration figurative fait des va-et-vient entre une grande expressivité gestuelle et une virtuosité photo-réaliste plus sobre ; mes façons de faire visent à former un rébus pictural qui prend toute son ampleur lors des accrochages.

Cette exposition fait partie d’un corpus plus large de tableaux et d’œuvres sur papier que je réalise actuellement au Québec, tout en continuant à rechercher de nouvelles figures animales photographiées en contextes antithétiques qui viendront ajouter à l’impact mystérieux de l’ensemble de mon bestiaire. Cet ensemble sera déployé en quatre temps durant l’année à venir au Canada, et je suis fière de commencer à le scénographier dans un accrochage en France – une première depuis mon établissement au Québec – qui plus est au Passage de l’Art où j’ai fait mes premiers pas en solo il y a 7 ans déjà.